Rundi V. Bakshi, acteur indien engagé par un grand studio hollywoodien, saccage le tournage et détruit par mégarde l’onéreux décor principal. Blacklisté, il se retrouve suite à un quiproquo invité à la soirée privée de son propre producteur, qui vient de le virer.

Pays : Etats-Unis
Réalisateur : Blake Edwards
Année de sortie : 1968
Distribution :
Peter Sellers (Hrundi V. Bakshi), Claudine Longet (Michelle Monet), J. Edwar McKinley (Fred Clutterbuck), Marge Champion (Rosalind Dunphy), Sharron Kimberly (La princesse Helena), Denny Miller (Wyoming Bill Kelso), Gavin MacLeod (C.S. Divot).
Genre : Comédie très burlesque
Durée : 1h39
Age recommandé : à partir de 9 ans
Public : tous publics
Niveau de difficulté culturelle (de 0 à 5) : 1
Contexte historique : Hollywood des fin 60’s
Principaux thèmes traités : mondanités, milieu du cinéma, snobisme, différence, maladresses, invité surprise
Précautions à prendre
Il y a clairement quelques longueurs…. Possibilité de couper ? (quelques moments de la scène du dîner par exemple…)
Le renouveau du burlesque
« La Party » est le 17ème film de Blake Edwards, mais c’est pour moi son meilleur. 3ème film et meilleur film tourné avec Peter Sellers également. Alors que la « panthère rose » (1963) et sa suite, « Quand la panthère rose s’emmêle » (1977) ont plutôt mal vieilli, la Party reste toujours un « must de chez must ».
Blake Edwards renouvelle ici l’art du burlesque, art fondé à l’époque du muet à partir d’une succession de maladresses et de catastrophes de plus en plus gigantesques. Buster Keaton en est une des plus belles illustrations.
Mais Blake Edwards y ajoute de nouveaux ingrédients, qui rendent le film inimitable :
- la couleur, bien évidemment
- un décor années 60 impayable
- une réalisation à la fois extrèmement minutieuse, onirique et légère grâce à l’utilisation pour la première fois d’une caméra mobile (technique aujourd’hui tournée couramment)
- et puis surtout, il y a le et fabuleux Peter Sellers !
Peter Sellers est celui sans qui le film n’existerait pas. Hrundi V. Bakshi est incontestablement son meilleur rôle avec probablement celui joué dans Dr. Folamour de Stanley Kubrick. Dans ce rôle de comédien hindou de seconde zone , il excelle par sa courtoisie, ses expressions. C’est le génie de l’improvisation par excellence. Le scenario du film ne dépassait pas 60 pages, ce qui est très court, le reste Peter Sellers l’imagina. Chaque séquence n’était généralement tournée qu’en une fois, malgré les impératifs techniques nombreux. Blake Edwards a dû s’arracher les cheveux.
Et, petit ou grand, on ne s’arrête plus de rire…même si on doit reconnaître que l’on s’essoufle quelque peu en fin de parcours. Bref, de la comédie, mais de la comédie géniale.
Un leçon de vie en société
The Party est jubilatoire dans la description de célèbres soirées des stars holywoodiennes dont tout le monde parle sans forcément y avoir été.
Ici la description est sanglante : invités carnassiers et totalement indifférents à ce qui se passe autour, producteurs prêts à toutes les turpitudes, femmes seules alcooliques, musiciens blasés, sens du paraître pour toute exigence, hypocrisie poussée à l’extrême….tout cela dans un brouhaha étourdissant. Nous sommes à Hollywood, mais cela pourrait se passer dans toutes les sociétés du monde entier…
Face à cela, il y a un petit hindou blacklisté, un peu neuneu (on ne pourra oublier les fameux « birdy num num »), mais au caractère doux, policé, sensible et surtout gentil….juste gentil. Et bien figurez-vous que c’est celui-là même, échappant à la grossièreté et au désastre environnant, qui repart sous l’acclamation de la foule dans sa Morgan décapotable au bras de la plus belle fille de la soirée (française de surcroît) !
Moi, j’aime ces messages simples qui prône la victoire de la finesse sur celle de la grossièreté, du désintérêt sur le vil calcul, de l’original sur le conforme…..et c’est d’autant plus efficaces pour les enfants quand cela passe par l’intermédiaire du gag et du burlesque.
Il y a une justice même dans l’absurde !
Ma scène culte : La scène du bain mousse de l’éléphant dans la piscine…. No limit…
Mes p’tits trucs à moi
- « Wisdom is the province of the aged, but the heart of a child is pure » ou comment sortir une citation qui ne veut pas dire grand chose, pour dire complètement autre chose….
- Essayer de retrouver lors d’une réunion familiale, les personnes qui pourraient avoir été à la fête des Clutterbuck…il y en a forcément plus d’un, quelque soient les familles.
Si vous avez aimé, vous pouvez voir…
« Quand la panthère rose s’emmêle » de Blake Edwards (1977) (plutôt que la « panthère rose » de 1963), « Victor, Victoria » de Blake Edwards (1982)
Dans le registre « comédies déjantées »
« Le Mecano de la Générale » de Buster Keaton (1926), « Mon oncle » de Jacques Tati (1958), « les vacances de Monsieur Hulot » de Jacques Tati (1952), « Soyez sympas, rembobinez» de Michel Gondry (2008), « Austin Powers » de Jay Roach (2007), « les producteurs » de Mel Brooks (1968)…