Pandora (Pandora and the Flying Dutchman)

Pandora Reynolds, une chanteuse américaine de passage en Espagne, fascine tous les hommes. Elle refuse la demande en mariage d’un poète, Demarest, qui se suicide.Un jour, elle se rend à la nage sur un étrange bateau au large du port d’Esperanza. Elle y rencontre un mystérieux navigateur, Hendrick Van der Zee, qui la fascine à son tour.

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Pays : Grande-Bretagne

Réalisateur : Albert Lewin

Année de sortie : 1951

 Distribution : Ava Gardner (Pandora Reynolds), James Mason (Hendrick Van der Zee), Nigel Patrick (Stephen Cameron), Sheila Sim (Janet), Harold Warrender (Geoffrey Fielding), Mario Cabré (Juan Montalvo), Marius Goring (Reggie Demarest) John Laurie : Angus

 Genre : Drame

Durée : 122 mn

Age recommandé : à partir de 10-11 ans

Public : plutôt les romantiques

Niveau de difficulté culturelle   (de 0 à 5) : 3 car il y a une ambiance mystérieuse et tout n’est pas dit tout de suite…

Contexte historique : Espagne des années 30

Principaux thèmes traités : amour, sacrifice, fantôme, légende, marin

Précautions à prendre

Il y a une certaine lenteur dans ce film romantique, un bon exercice pour nos petits impatients….

 

Pas n’importe quel classique « hollywoodien »

 Loin d’être un succès public lors de sa sortie, Pandora a depuis gagné ses galons de « grand film ». Célébré par la critique, il est aujourd’hui considéré comme un classique du septième art. Et pour beaucoup, Ava Gardner, sublimée par la photo de Jack Cardiff aux premiers jours du Technicolor, n’a jamais été aussi belle à l’écran…

 Bien que britannique, c’est un des grands films « hollywoodiens » mais d’un genre un peu à particulier tout de même.

Serait-ce parce que le réalisateur, Albert Lewin, s’étant déjà illustré précédemment dans « le portrait de Dorian Gray »  est un universitaire devenu cinéaste sur le tard, un ancien producteur diplômé d’Harvard ? Difficile à dire…

En tous cas, les références culturelles foisonnent, mêlant tous les registres ; l’œuvre commence par des vers d’Omar Khayyam, ça calme ! Le nom Pandora vient évidemment du personnage mythologique Pandore. Hendrick Van der Zee (« de la mer » en néerlandais) n’est autre qu’une incarnation du Hollandais volant que Wagner avait mis en scène dans Le Vaisseau fantôme. Un tableau dans le film rappelle les œuvres surréalistes de René Magritte et Giorgio de Chirico, tandis que des statues antiques sont  posées à même la plage, le sujet de la corrida rappelle les romans d’Ernest Hemingway tandis que la petite société américaine de la Costa Brava a des forts relents fitzgéraldiens.

J’adore ces clins d’œil à l’écran. On a l’air intelligent quand on arrive à les repérer et cela permet au détour d’une petite séance de cinéma de se lancer dans une petite ballade culturelle. …juste le temps de mettre sur pause…pas plus, c’est promis.

 

Du fantastique wagnérien au cinéma

 Sous l’influence du surréalisme à n’en pas douter, il y a un climat très particulier dans ce film, un climat onirique, une douceur lente, une ambiance surnaturelle. C’est peut-être cela qui fait que le film n’a pas trop vieilli ; cela convient en tous cas tout à fait bien à la narration de ces deux légendes.

Car il y a un bien ici un mélange de deux légendes :

  • celle du hollandais volant, capitaine ayant poignardé sa femme qu’il croyait à tort infidèle et condamné à une errance perpétuelle : tous les sept ans il était autorisé à toucher terre pendant 6 mois. Si lors d’une de ses haltes, il découvrait une femme prête à mourir pour lui, c’en serait fini pour lui et il pourrait mourir comme n’importe quel humain.
  • celle de Pandore, première femme créée par Zeus pour se venger des hommes et de Prométhée, voleur de feu. Parée de toutes les qualités, elle fut envoyée sur Terre avec une jarre renfermant tous les maux de l’humanité, que, petite curieuse, elle s’empressa d’ouvrir…

La noce de ces deux mythes à laquelle on assiste est une véritable tragédie qui nous emporte avec lui, nous bouleverse littéralement et nous donne finalement une des plus belles leçons d’amour.

Les deux amoureux qui termineront dans le filet du pêcheur resteront éternellement unis, la preuve en est qu’il ne sera plus jamais possible de désunir leurs mains.

Alors, c’est sûr, on peut se dire que ce sont des affaires de grands, que nos pré-ados pour certains ont du mal à comprendre de tels sacrifices, mais quand même… une fois de temps en temps, une passion dévorante, cela remue…il faut au moins savoir que cela existe, légende ou pas légende.

 

Ma scène culte :

La scène où Pandora court sur la plage rejoindre son hollandais volant dans son beau voilier….

 

Mes p’tits trucs à moi :                                                                                          

  • Assez drôle de montrer des images de la Costa Brava aujourd’hui….. Tossa del Mar et Platja de Aro…
  • T’en as un toi, de « Hollandais Volant » ?
  • Une bonne « mise en bouche » pour les emmener voir l’opéra de Wagner..

 

Si vous avez aimé, vous pouvez voir…

« Fantôme de l’Opéra » de Rupert Julian (1925), « La comtesse aux pieds nus » de Joseph L. Mankiewicz (1954).

 

Dans le registre « films oniriques »

« Big Fish » de Tim Burton (2003), « Excalibur » de John Boorman (1981),

 

 

 

 

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