L’aventure, c’est l’aventure

Cinq truands ne trouvant plus de banques à attaquer décident de se recycler dans l’enlèvement de personnalités et kidnappent Johnny Hallyday avant de s’en prendre à un ambassadeur. Arrêtés aux Caraïbes, leur procès est retentissant et le gouvernement les fait s’évader. Les cinq hommes se réfugient en Afrique et décident d’enlever le Pape

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Pays : France

Réalisateur : Claude Lelouch

Année de sortie : 1972 

Distribution : Lino Ventura (Lino Massaro), Jacques Brel (Jacques), Charles Denner (Simon Duroc), Charles Gérard (Charlot), Aldo Maccione (Aldo Maccione), Nicole Courcel (Nicole),

Gérard Sire (avocat général), Juan Luis Buñuel (général Ernesto Juarez), Yves Robert (avocat de la défense), Johnny Hallyday (lui-même), Xavier Gélin (Daniel Massaro).

Genre : Comédie

Durée : 120 minutes

Age recommandé : à partir de 10  ans

Public : tous

Niveau de difficulté culturelle   (de 0 à 5) : 3, car parfois un peu brouillon

Contexte historique : Les années post 68

 Précautions à prendre

Prévenir que cela peut paraître un peu long et lassant

 

Les Pieds Nickelés façon Lelouch 

Dans cette comédie rocambolesque, Lelouch a réussi à rassembler cinq comédiens fabuleux, chacun  dans leur genre – Ventura, Brel, Denner, Gérard et Maccione- et ne serait-ce que pour cela le film mérite d’être vu. Lelouch a ce talent qui consiste à tirer le meilleur parti de ses comédiens : ils sont respectivement myope, sourd, bègue ou complètement idiots.

Les joyeuses pantalonnades n’en finissent pas dans des univers complètement farfelus : révolutionnaires sud-américain, piratage de Boeing, évasion en Afrique, enlèvement du Pape….

Le côté « bande de petites frappes issue d’une pègre de bas étage, lassée des maigres résultats des truanderies habituelles et qui essaie de se reconvertir dans « la politique » », ne peut que nous faire rire et nous les rend attachants.

Dans un esprit malgré tout bon enfant, cette jolie bande de potes, affranchis de toutes les règles et totalement incontrôlables finissent bien souvent par être pris à leur propre piège. Chaque instant, Lelouch les rend maîtres puis possédés, personne n’étant jamais épargné. Ainsi, quand les bandits vendent un otage révolutionnaire sud-américain à trois différentes autorités (révolutionnaire, étatique et américaine), ils sont les premiers à se laisser avoir par les joies d’un tourisme de masse qui les amollit autant qu’il les ennuie …

Le film déborde d’enthousiasme, mais parfois dans l’excès. Ainsi le rythme est inégal, la faute à un scénario décousu qu’on soupçonne d’avoir été partiellement improvisé. A noter la chanson mythique de Johnny sur une musique de Francis Lai « l’aventure, c’est l’aventuUUUURRRRE »….

 

Un film démodé, justement 

Oui, le film est un peu ringard et très démodé. Toutefois, il n’est pas sans intérêt pour nos chéris.

C’est aussi une peinture sans indulgence de ce que la société occidentale était  dans les années soixante-dix. À ce titre, Lelouch dresse un portait très ironique d’une société qui voit monter en force les idées anarchistes et révolutionnaires, un pouvoir étatique renversable, une géopolitique incompréhensible, les loisirs, les vacances, le monde des compagnies d’assurance, le show-business et son pouvoir presque politique ou social.

C’est par le rire et le burlesque que Lelouch peut initier à la critique sociétale sans tomber dans le cynisme froid.

Bien heureusement, le monde d’aujourd’hui n’est plus tout à fait le même. Certains de ses travers n’en restent pas moins présents et on peut espérer que nos jeunes sauront faire le tri.

Une version moderne de « L’aventure, c’est l’aventure » devrait sortir mais avec un casting différent.

Une nouvelle équipe de branquignols reste à trouver et il sera plutôt question de développement durable et de méchants banquiers….

 

Mes trucs à moi                                                                                               

Faire imaginer des sketches d’une version moderne de l’ « Aventure, c’est l’aventure » : de quoi pourrait-on rire dans notre société

Ma scène culte : sans hésiter, la scène de drague avec le défilé d’Aldo Macione, Charles Denner, Lino Ventura et Jacques Brel

Si vous avez aimé, vous pouvez voir…

Dans la série des Lelouch, il faut faire le tri, surtout avec les enfants. Sans prendre de risque, il y a « itinéraire d’un enfant gâté ».

 

Dans le registre « bande de copains qui font des conneries  » : Mes chers amis » de Mario Monicelli (1975), « Les tontons flingueurs » de Goerges Lautner (1969), « M.A.S.H » de Robert Altman (1970), « Good Morning England » de Richard Curtis (2009)

Principaux thèmes traités : amitié, aventure, politique, petit gangster

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